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À Sociópolis, 170 jardins retrouvent le chemin de la terre

À Sociópolis, 170 jardins retrouvent le chemin de la terre

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À La Torre, les parcelles de Sociópolis reprennent leur rôle de petits territoires cultivés après les dégâts de la dana. Leur réouverture raconte moins un simple retour à l’activité qu’une certaine idée, très valencienne, de ce que l’on attend d’un jardin partagé : du temps, de l’eau bien comptée et des mains présentes.

Le retour ne tient pas dans un sac de graines

À Sociópolis, dans la pedanía de La Torre, 170 personnes disposent à nouveau d’une parcelle à cultiver, selon des informations locales. Les contrats ont été conclus par le Consell Agrari de València après deux années durant lesquelles la dana de 2024 avait laissé les champs et les récoltes dévastés, toujours selon ces informations.

Le détail compte : un potager urbain n’est pas un décor vert auquel on revient en tournant une clé. Il faut pouvoir faire confiance à la terre, à l’eau qui arrive jusqu’à elle, aux vestiaires et aux sanitaires qui rendent une matinée de travail possible. La remise en état a donc porté sur le sol, les parcelles, l’irrigation intérieure et extérieure, ainsi que sur les installations communes, selon les mêmes informations locales.

Pour qui vit à Valencia, ce retour donne une mesure plus juste de ce que recouvre l’expression « huerto urbano ». Ce n’est pas seulement l’idée agréable de cueillir quelques tomates : c’est un morceau de campagne administré au sein de la ville, avec ses équipements, ses règles et une continuité à reconstruire après une catastrophe.

À Sociópolis, cultiver une parcelle signifie aussi entretenir un bien commun : l’eau, les chemins, les équipements et le temps des autres jardiniers.

Avant de planter, vérifier le sol

La première récolte d’un lieu touché par une inondation est aussi une question de confiance. Selon des informations locales, le Consell Agrari a demandé à un laboratoire spécialisé une analyse approfondie du sol. Celle-ci aurait conclu que les niveaux de métaux se situaient dans les valeurs normales et que le terrain restait propre à la culture.

Une évaluation technique complémentaire portant sur la présence d’hydrocarbures aurait également été menée avant l’autorisation de reprendre l’activité agricole, selon la même source locale. Derrière le vocabulaire technique, il y a un geste très concret : ne pas demander à des habitants de cultiver pour leur table sur une terre dont on ne connaît pas l’état.

Ce passage par l’analyse dit quelque chose de la fragilité particulière des jardins urbains. On y vient pour toucher le sol, produire un peu, apprendre ou garder un rythme hors écran ; mais cette proximité n’a de valeur que si elle s’accompagne de précautions lisibles. Dans un potager partagé, la sécurité n’est pas abstraite : elle se retrouve dans la salade que l’on emporte, les mains pleines de terre et la confiance accordée à l’endroit.

Le vrai règlement est celui qui évite les silences

Une journée d’accueil a réuni à Sociópolis les nouveaux attributaires et des personnes déjà jardinières, selon des informations locales. L’objectif annoncé était d’expliquer le fonctionnement des lieux : entretien des parcelles, respect des installations, usage responsable de l’eau d’irrigation et gestion des déchets.

Le président du Consell Agrari, José Gosálbez, a résumé cette attente en espagnol :

« Queremos unos huertos vivos, cuidados y aprovechados. Parcelas para quien quiera trabajarlas, normas que se cumplan y recursos públicos que se utilicen bien. »

Cette phrase pourrait sembler administrative, mais elle décrit la mécanique quotidienne de tout jardin collectif. Une parcelle délaissée n’est jamais seulement une parcelle délaissée : elle modifie l’allure du site, la circulation de l’eau, la patience des voisins et le sentiment que les règles s’appliquent pareillement à chacun. À Sociópolis, les nouveaux utilisateurs disposent de deux mois pour commencer à semer ; sans cela, ils risquent de perdre leur parcelle, selon des informations locales.

Un potager partagé se mesure moins à la taille de ses courgettes qu’à la façon dont chacun laisse l’eau, les allées et les outils communs pour la personne suivante.

Des parcelles, mais surtout une présence

Les 170 contrats ne racontent pas tous la même histoire. Selon des informations locales, les bénéficiaires peuvent être des personnes qui découvrent la culture ou des jardiniers déjà installés sur le site. Ce voisinage entre débutants et habitués est sans doute l’un des intérêts les plus discrets du lieu : un jardin apprend par les gestes que l’on voit faire, autant que par les consignes affichées.

Sociópolis n’offre pas une version miniature et nostalgique de l’agriculture valencienne. Selon des informations locales, le projet cherche à rapprocher l’activité agricole des habitants tout en valorisant l’effort, la responsabilité et le respect du travail de celles et ceux qui cultivent. C’est une ambition modeste, mais elle prend une force particulière dans une ville où la terre productive a longtemps été présente juste au-delà des rues.

Une autre zone, dépendant des services techniques centraux, doit encore être préparée avant que de nouvelles places puissent être proposées, selon les mêmes informations. Cette attente est peut-être la bonne image de Sociópolis : pas une promesse instantanée, mais un espace qui demande des contrôles, des réparations, des règles et des gens disposés à revenir. Pour les habitants de Poblats del Sud comme pour les curieux de l’agriculture urbaine, l’enjeu est là : préserver des lieux où Valencia peut encore se salir les mains sans cesser d’être une ville.

Pour découvrir d’autres quartiers et façons d’habiter Valencia, consultez notre guide des districts.